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Contes de l'âge d'or CONTES DE L'AGE D'OR

Film roumain de Hanno Höfer avec Diana Cavaliotti, Radu Iacoban, Vlad Ivanov (2009 - vostf- 1h20)

Les contes de l'Age d'or évoquent les dernières années de l'ère communiste en Roumanie, à travers les histoires étonnantes de gens ordinaires. Ces légendes urbaines à la fois comiques, étranges, émouvantes puisent leur inspiration dans un quotidien souvent surréaliste, quand l'humour était le seul moyen de survie de tout un peuple. Les contes de l'Age d'or restituent cette atmosphère et dressent ainsi à petites touches le portrait d'un pays soumis à la logique perverse d'une dictature. Dans Les contes de l'Age d'or, cinq histoires se succèdent, avec en commun la structure narrative et le contexte historique.

La critique [evene] par Thomas Chouanière
En un sens, le collectif de réalisateurs à l'origine de 'Contes de l'âge d'or' réussit à revenir à l'essence du cinéma, au temps où le dialogue n'existait pas ou peu. En laissant la priorité à l'image et au gag visuel, ils contribuent à rendre burlesque la Roumanie de la fin de l'ère Ceausescu. Les cinq courts métrages ne dénoncent pas le totalitarisme par une charge du pouvoir. En revanche, les films explorent les petits travers d'une bureaucratie à l'agonie, et une mécanique si bien huilée, au service du culte de la personnalité, finit par apparaître complètement ridicule en se mordant la queue en permanence. Sans montrer de lutte tragique pour la survie, ou le folklore qu'a voulu nous offrir la propagande néolibérale , 'Contes de l'âge d'or' se veut un éloge du système D, permettant aux cinéastes de relater l'inventivité et le sens de la transgression du peuple roumain dans une période de dictature très dure. Le point de départ du projet, des légendes urbaines, permet de faire de cette description pragmatique de la vie à cette époque une suite d'épisodes où le surréalisme des institutions et l'imaginaire d'un peuple sous pression cohabitent avec malice. Si l'on excepte un troisième extrait un brin longuet, l'ensemble vaut pour sa bienveillance, sa nostalgie sans aveuglement et la beauté des êtres qui y sont présentés. Assez rarement employé dans son acception littérale, le terme "films à sketchs" sied particulièrement à 'Contes de l'âge d'or', et quand la drôlerie sert de témoignage à l'histoire d'une nation, on ne peut qu'applaudir collectivement.
 
Mar 16 fév 2010 Aucun commentaire