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Samson et Delilah
SAMSON ET DELILAH

Film australien de Warwick Thornton avec Rowan Mcnamara, Marissa Gibson, Mitjili Napanangka Gibson... (2009 - vostf - 1h41)

Samson et Delilah vivent dans une communauté aborigène isolée dans le désert du centre de l'Australie. La vie là-bas est un éternel recommencement : les jours passent, rien ne change jamais et personne ne semble s'en soucier. Quand le malheur s'abat sur eux, ils décident de s'enfuir. Commence alors un véritable périple pour réussir à survivre. Les deux adolescents découvrent que la vie hors de la communauté peut être cruelle. Affamés, rejetés, Samson et Delilah tombent pourtant amoureux l'un de l'autre. C'est tout ce qu'ils ont, leur seule réalité. Perdus, seuls et indésirables, ils découvrent que la vie n'est pas toujours juste mais que l'amour lui ne porte jamais de jugement.

La critique [evene] par Jean-Nicolas Berniche

Si ce n’est une coupe de cheveux express, les deux personnages qui donnent leur nom au film ont peu de rapport avec la religion. Ces deux habitants d’une même communauté aborigène reculée, qui tuent le temps à sniffer de l’essence pour oublier la misère ou à s’occuper d’une grand-mère handicapée, vont se retrouver dans la fuite. En suivant avec sobriété l’odyssée de Samson et Delilah, Warwick Thornton attire l’attention sur une génération aborigène en perte de repères.

Paysages à l’appui, on ne peut s’empêcher de penser à la lente extinction des Indiens d’Amérique, réduits à la pauvreté dans des réserves, en proie à la drogue et à la violence. Comme eux, Samson et Delilah vont chercher le bonheur ailleurs, pour se rendre compte qu’il leur ait impossible - barrière du langage, de la culture, indifférence des colons - de le connaître en dehors des limites de leur homeland. Avec simplicité et élégance, Thornton filme la lente déliquescence des personnages, subitement privés de l’ensemble de leurs droits, sans pour autant s’abîmer dans le mélodrame : un moyen efficace d’alerter l’opinion sans forcer le trait. La présence au Festival de Cannes de ce premier film prometteur et nécessaire est un atout pour un cinéma australien trop rare.




Mar 2 fév 2010 Aucun commentaire