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VINCERE
Film historique italien de Marco Bellocchio avec Giovanna Mezzogiorno, Filippo Timi (2009 - vostf - 2h08)
Présentation
Dans la vie de Mussolini, il y a un lourd secret que l'histoire officielle ne raconte pas : une femme, Ida Dalser, et un enfant, Benito Albino - conçu, reconnu puis désavoué. Ida rencontre Mussolini de manière fugace à Trente et en est éblouie. Elle le retrouve à Milan où il est un ardent militant socialiste qui harangue les foules et dirige le quotidien L' Avanti. Ida croit en lui, en ses idées. Pour l'aider à financer le Popolo d'Italia, point de départ du futur parti fasciste, elle vend tous ses biens... Lorsque la guerre éclate, Benito Mussolini s'engage et disparaît de la vie de la jeune maman, qui découvrira avec stupeur qu'il est déjà marié avec une autre femme. Ida n'aura dès lors de cesse de revendiquer sa qualité d'épouse légitime et de mère du fils aîné de Mussolini, mais sera systématiquement éloignée de force et son enfant mis dans un institut. Pourtant, elle ne se rendra jamais et ne cessera de revendiquer haut et fort sa vérité.
La critique [evene] par Mathieu Menossi
C'est à travers l'intimité d'un drame passionnel oublié ou ignoré que Marco Bellocchio a choisi d'aborder l'une des marches les plus funèbres de la botte italienne. A une dénonciation purement historique des infamies du régime fasciste, le réalisateur transalpin a préféré le combat plus personnel d'Ida Dalser, devenue à son insu maîtresse d'un puissant, femme illégitime et mère d'un bâtard. 'Vincere' raconte la lutte à mort de cette femme éperdument amoureuse et obstinée, refusant la trahison d'un homme à qui elle aura tout cédé. Giovanna Mezzogiorno donne toute sa mesure à cette héroïne tragique que le Duce fera passer pour folle. D'Ida à Aïda, il n'y a qu'un "a". Filippo Timi incarne avec un formidable charisme ce Benito pas encore devenu Mussolini : syndicaliste et militant socialiste impétueux à la verve orageuse, défiant le roi et le Créateur. Une fois devenu Duce, emporté par l'Histoire, l'acteur s'efface au profit du véritable personnage politique. Dans ce Milan agité et oppressant des années 1920, Bellocchio dépeint un jeune Mussolini hanté par la peur de rester dans la médiocrité de l'anonymat, se sachant déjà prédestiné à un parcours "différent". Son emprise sur Ida Dalser est totale : intellectuelle, psychologique, sexuelle. S'appuyant sur une bande-son aux dimensions symphoniques, le réalisateur insuffle à son oeuvre une esthétique fantasque. C'est l'essor du futurisme, l'exaltation de la modernité, les premières utilisations des médias et du cinéma comme instrument de propagande : Bellocchio s'en fait l'écho en illustrant son récit d'images d'archives et d'extraits de films ('The Kid', 'Le Cuirassé Potemkine'). L'audace de 'Vincere' tient en grande partie à son énergie exubérante et cette effervescence de la mise en scène. D'aucuns estimeront ce bouillonnement un tantinet excessif, s'étalant un peu sur la longueur. Dans la tradition d'un lyrisme à l'italienne, Bellocchio offre pourtant là une oeuvre d'une rare puissance.
Mar 12 jan 2010
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