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le blog cinepalace-romorantin

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Good bye Solo


GOOD BYE SOLO

Film américain de Ramin Bahrani avec Souléymane Sy Savané, Red West... (1h31)

Scénario :
Solo, chauffeur de taxi sénégalais à Winston-Salem, en Caroline du Nord, ne sait comment réagir à l'étrange requête de son client William. Ce septuagénaire taciturne et quelque peu désabusé lui demande en effet de le conduire deux semaines plus tard au sommet de la falaise de Blowing Rock, en aller simple. Solo comprend petit à petit que William ne prévoit pas de revenir de son voyage. Espérant lui faire changer d'avis, Solo décide d'entrer dans sa vie en devenant son chauffeur attitré, pour ainsi garder un oeil sur lui et découvrir ses secrets. En dépit de leurs différences, les deux hommes vont vite réaliser qu'ils ont besoin l'un de l'autre, nouant ainsi une amitié peu probable.

La critique [evene] par Laurence Gramard
Après ‘Man Push Cart’ et ‘Chop Shop’, Ramin Bahrani quitte la métropole new-yorkaise pour un nouveau périple humain en Caroline du Nord. Dans la veine politico-sociale de ses précédents opus, ‘Goodbye Solo’ continue de dynamiter froidement le mythe de l’american dream, par le prisme d’un duo de héros ordinaires. Solo, émigré sénégalais et chauffeur de taxi volubile, rencontre un soir le taciturne et suicidaire William, vieil homme qu’il décide d’aider et de comprendre. Au premier plan, mains sur le volant, surgit l’image d’une Amérique moderne, multiculturelle, à la fois égarée et en quête d’un chemin à suivre. Tandis que juste derrière, se profile celle d’un pays résigné, désenchanté et ravagé par les regrets. Mis à nu par une réalisation sobre et soignée, parsemée de plans serrés sur leur visage, les protagonistes solitaires répandent sur le film une mélancolie étouffée, l’angoisse d’un vide omniprésent. Imaginés à partir de détails infimes - un langage, une habitude, une attitude -, arrachés à la réalité par un cinéaste ethnographe, les personnages puisent leur crédibilité dans le charisme étonnant des comédiens. L’ombrageux Red West et le candide Souléymane Sy Savané. Poétique, profond, presque philosophique, ‘Goodbye Solo’ s’intensifie crescendo, jusqu’à un final bouleversant, où du haut d’une montagne giflée par le vent, les deux hommes défient la mort. Toujours à mi-chemin entre documentaire et fiction, Ramin Bahrani décrit un drame sombre et gorgé de mystère, où les mots comptent moins que les silences et l’amitié plus que la vie.


Publié le 10/11/2009 à 07h30 dans Les Amis du Cinéma

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