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Film chinois en couleur, 2009, tout public
Durée : 1 h 55
Sélection officielle Cannes 2009 - En compétition
Nankin de nos jours, au printemps. La femme de Wang Ping le soupçonne d'infidélité. Elle engage Luo Haitao
pour l'espionner et découvre ainsi l'amour que son mari porte à un homme, Jiang Cheng. C'est avec cet homme que Luo Haitao et Li Jing, sa petite amie, se jettent alors à corps perdus dans une folle équipée amoureuse. C'est pour tous trois le début de nuits d'ivresse suffocantes, qui égarent l'esprit
et exaltent les sens. Un sulfureux voyage aux confins de la jalousie et de l'obsession amoureuse.

le 14 Mai 2009 par Benoît BasiricoLou Ye s'intéresse toujours à une jeunesse chinoise en ébullition en filmant ce trio formé de deux hommes et une femme, comme dans ‘Jules et Jim’. Une confusion des genres s'opère (homo et hétérosexualité, travestissement), animée par des jalousies, des violences et de la tendresse. Mais le sujet peu singulier importe moins que la forme, avec cette caméra à l'épaule héritée de l'école documentaire chinoise qui donna lieu à une véritable nouvelle vague (dont l'épatant 'Xiao Wu' de Jia Zhang-ke est la plus franche réussite jusqu'ici). Ce qui marque le plus ici, c'est une atmosphère moite, un aspect fiévreux qui habite chaque plan, chaque personnage évoluant dans une exaltante folie des sens, où les corps s'expriment dans une certaine sensualité, filmés de près. Ce film nocturne et urbain, parfois suffocant, confronte les pulsions des individus à la mélancolie d'une mégalopole et livre quelques moments fortement émouvants, comme cette séquence de Karaoké où s'épanche la tristesse par un chant mêlé de larmes. Lou Ye signe avec 'Nuits d'ivresse printanière' une véritable tragédie sur les obsessions amoureuses.