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LES AMOURS IMAGINAIRES
Film canadien de et avec Xavier Dolan, Niels Schneider... (2009 - 1h35)
Francis et Marie sont deux bons amis. Lors d'un dîner, ils rencontrent Nicolas, un jeune homme de la campagne qui débarque tout juste en ville. De rendez-vous en rendez-vous, troublés par
d'innombrables signes - certains patents, d'autres imaginaires - les deux complices sombrent dans l'obsession de leur fantasme, et bientôt, un duel amoureux menace l'amitié qu'ils croyaient
infrangible...

la critique par Jean-Nicolas
Berniche
Deuxième film, deuxième passage à Cannes. A 21 ans, le Québécois Xavier Dolan a le vent en poupe. Et une confiance certaine en son cinéma, prétentieux et maniéré. Qu’on se le dise, aucun jugement péjoratif ne se cache derrière ces deux adjectifs : ‘Les Amours imaginaires’ est recouvert d’une épaisse couche de second degré aussi jouissive que défoulante.
Enfin un film de jeunes fait par un jeune, et non une comédie idiote qui prétend les comprendre. Dolan prévient d’emblée le spectateur qu’il s’agit des fantasmes pathétiques (c’est le terme “imaginaires” du titre) de tout jeune adulte normalement constitué et à la recherche de quelque chose qu’il sait vaguement définir (c’est le terme “amours” du titre). De là, il construit un non-triangle amoureux fait de comportements licencieux et d’autosuggestion lascive. Qui, des trois personnages, est le plus blâmable ? Celui qui joue, ou ceux qui courent, en dépit de tout le bon sens du monde ?
Xavier Dolan s’amuse à ne pas répondre à la question, prenant autant de plaisir à jouer qu’à se mettre en scène, offrant son pesant de scènes drôlissimes, à l’instar de ‘J’ai tué ma mère’ en 2009.
Les témoignages loufoques sur l’amour qui entrecoupent le récit reflètent avec justesse cet état, entre maturité érudite et goût pour la bonne blague. Et tant pis si le rythme s’essouffle sur la fin ; la fraîcheur des ‘Amours imaginaires’ procure une joie incontestable, et persistante.