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Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 07:09

La Piel que habitoLA PIEL QUE HABITO
Drame, réalisé par Pedro Almodóvar Avec Antonio Banderas, Elena Anaya, Marisa Paredes... (1h57)


Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute
agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence
totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme cobaye…
Avec La Piel que Habito, Pedro Almodóvar adapte le récit de Thierry Jonquet (Mygale) pour offrir un thriller aussi flamboyant qu'audacieux, avec cette petite touche de perversion qui détonne.

Avec La Piel que Habito, Pedro Almodóvar adapte le récit de Thierry Jonquet (Mygale) pour offrir un thriller aussi flamboyant qu'audacieux, avec cette petite touche de perversion qui détonne.

 

 

Eminent chirurgien esthétique, le docteur Robert Ledgard ( Antonio Banderas, plus caliente que jamais) consacre ses recherches sur la création d'une nouvelle peau grâce à laquelle il aurait pu sauver sa femme, victime de brûlures lors d'un accident de voitures. Presque douze ans après le drame, dans sa vaste demeure bourgeoise de Tolède où il vit retiré du monde avec sa gouvernante ( Marisa Paredes), il réussit à cultiver une peau résistante par transgenèse et n'hésitera pas à outrepasser tous codes éthiques pour l'expérimenter auprès de son cobaye ( Elena Anaya, la vraie révélation du film).

 

La Piel Que Habito - Pedro Almodóvar, Elena AnayaFilm somme dans l'oeuvre de Almodóvar, La Piel Que Habito cultive tous les thèmes chers au maître madrilène, sans pour autant passer par l'auto-citation facile. Du roman de Thierry Jonquet, le cinéaste n'en a gardé que la trame principale pour déplacer son récit vers un ailleurs, où Hitchcock, Franju et Cronenberg s'acoquineraient joyeusement avec la plasticienne Louise Bourgeois. De ses références citées ou pas, Almodóvar s'en amuse follement et n'hésite pas à tirer le trait grossièrement pour éviter tous débats futiles.

 

La Piel Que Habito - Antonio Banderas, Elena AnayaDans La Piel Que Habito, où la perversité et l'opium font bon ménage, la greffe fonctionne à merveille. Des répliques cinglantes, des scènes d'un érotisme torride, puis la caméra de Almodóvar se fait plus douce, notamment quand il s'agit de filmer la plastique du corps en pointillés d'Elena Anaya, scrutée au plus profond de sa chair (et de son âme). C'est sur cette alternance de rythme, ses climax délirants (dont on ne peut évidemment rien vous dévoiler pour ne pas gâcher votre plaisir) que le film prend toute son ampleur. Film transgenre, virtuose et diabolique à souhait, il habite le classicisme avec la modernité et la fougue de la jeunesse. Une jeunesse retrouvée pour Pedro Almodóvar, qui aurait bien méritée d'être récompensée à Cannes.

 

Par Laure Croiset pour "toutlecine.com"

Publié dans : Les Amis du Cinéma - Par Ciné CVL Palace
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