Mardi 2 mars 2010
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L'ENFER de Henri-Georges Clouzeau
Film de Serge Bromberg avec Romy Schneider, Bérénice Bejo, Jacques Gamblin, Serge Reggiani. Nominé aux César meilleur documentaire. (2009 - 1h34)
En 1964, Henri-Georges Clouzot choisit Romy Schneider, 26 ans, et Serge Reggiani, 42 ans, pour être les vedettes de 'L' Enfer'. Un projet énigmatique et insolite, un budget illimité, un film qui
devait être un 'événement' cinématographique à sa sortie. Mais après trois semaines de tournage, le drame. Le projet est interrompu, et les images que l'on disait 'incroyables' ne seront jamais
dévoilées. Ces images, oubliées depuis un demi-siècle, ont été retrouvées et elles sont plus époustouflantes que la légende l'avait prédit. Elles racontent un film unique, la folie et la jalousie
filmées en caméra subjective, l'histoire d'un tournage maudit et celle d'Henri-Georges Clouzot qui avait laissé libre cours à son génie de cinéaste. Jamais Romy n'a été aussi belle et hypnotique.
Jamais un auteur n'aura été aussi proche et fusionnel avec le héros qu'il a inventé. Serge Bromberg et Ruxandra Medrea réussissent ici une 'recomposition' de l'oeuvre disparue, créant un nouveau
film qui raconte l'histoire de ce naufrage magnifique et qui permet au projet d'exister enfin.
La critique [evene] par Mathieu Menossi
En 1964, le réalisateur du 'Quai des Orfèvres' est un artiste accompli. Et c'est là, aux heures les plus glorieuses de sa carrière, qu'il se voit offrir l'opportunité d'accomplir l'acte de création
absolue, dégagée de tout interdit. 'L'Enfer' devait être son olympe. Mais Clouzot est victime d'un infarctus et tout s'arrête. Un demi-siècle après le naufrage, Serge Bromberg et Ruxandra Medrea
ravivent les images de cet 'L'Enfer'. En 2005, 185 bobines sont arrachées à l'oubli pour révéler ce qui constitue sans doute l'une des expériences de cinéma les plus exceptionnelles. Le film se
structure en deux niveaux. Le premier s'articule autour de l'histoire du tournage. Les "survivants", techniciens et acteurs, se succèdent. Parmi eux des apprentis passés maîtres, comme Catherine
Allégret dont c'était le premier rôle, ou encore Costa-Gavras, alors premier assistant. L'épouse du réalisateur, Ines Clouzot, dévoile également ses précieux souvenirs. Tous témoignent de
l'exigence démesurée du cinéaste. De ce labyrinthe infernal dans lequel il a fini par se perdre. Le second niveau concerne le film maudit proprement dit, l'histoire d'Odette (incarnée par une Romy
Schneider plus mutine et fantasque que jamais) et Marcel Prieur (Serge Reggiani), patron d’un hôtel de province, rongé par la jalousie, au point d'envisager le pire. Pour combler les manques,
Jacques Gamblin et Bérénice Béjo jouent quelques scènes du scénario original, reprenant les rôles respectifs des deux acteurs de l'époque. Le trouble naît de cet entrelacement des deux aventures,
de cette double folie, celle du personnage et du cinéaste, pris - dépassé ? - par son oeuvre. 'L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot', c'est l'histoire tragique et fascinante de cette quête de
perfection. Une descente au coeur du septième art. Au coeur du processus de création de l'une de ses figures les plus éminentes. Le mystère Clouzot est là, tout entier, qui nous éclate à la figure,
sans jamais pour autant en révéler ses secrets.
Publié dans : Les Amis du Cinéma
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Par Ciné CVL Palace
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