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INSIDE JOB
Documentaire de Charles Fergusson commenté par Matt Damon, Christine Lagarde, Dominique Strauss-Khan... (vost - 1h49)
La dépression mondiale, dont le coût s'élève à plus de 20 000 milliards de dollars, a engendré pour des millions de personnes la perte de leur emploi et
leur maison. Au travers d'enquêtes approfondies et d'entretiens avec des acteurs majeurs de la finance, des hommes politiques et des journalistes, le film retrace l'émergence d'une industrie
scélérate et dévoile les relations nocives qui ont corrompu la politique, les autorités de régulation et le monde universitaire. Narré par l'acteur oscarisé Matt Damon, le film a été tourné entre
les Etats-Unis, l'Islande, l'Angleterre, la France, Singapour et la Chine.

par Isabelle Aithnard
Si ‘Wall Street 2’ prétendait dépeindre le cynisme des géants de la finance, ce thriller souvent jargonneux d'Oliver Stone fait figure de bluette comparé à
‘Inside Job’, un documentaire signé de Charles Ferguson, docteur en sciences politiques passé derrière la caméra.
Narré par Matt Damon, ‘Inside Job’ est un réquisitoire contre les responsables de la crise de 2008 dans laquelle le monde entier s'est enlisé. « Ce n'étaient
ni des gangsters, ni des terroristes, mais des banquiers, des présidents haut placés conscients et responsables. Ce hold up, raconte le documentariste pour justifier le titre de son film, a été
commis de l'intérieur ».
Clair, abordable et pédagogique, le travail de Charles Ferguson (primé au festival du film de Sundance en 2007 pour ‘Irak, de la dictature au chaos’)
démontre, avec une rigueur et une précision quasi chirurgicales, les relations incestueuses entre Wall Street, le Trésor américain et les universités spécialisées dans la
finance.
A l'aide d'un montage vif, serré et efficace, il explique, par le menu, comment les banques d'affaires ont spéculé sur l'effondrement des produits qu'elles
avaient recommandés à leurs clients issus de la petite bourgeoisie et du prolétariat. Et comment elles ont orchestré une faillite quasi-mondiale en connaissance de cause et sans aucun
scrupule.
Absent de l'image, présent à travers les questions qui poussent la plupart des intervenants (acteurs majeurs de la banque, de la politique, du journalisme
rencontrés dans le monde entier) dans leurs retranchements, Ferguson se pose comme l'anti-Michael Moore, dont la partialité affaiblit souvent le propos. Cette brillante enquête s'achève sur un
constat des plus amers : deux ans après le cataclysme, rien n'a vraiment changé. Pire, nous ne sommes peut-être qu’au début du cauchemar !