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INCENDIES
Film canadien de Denis Villeneuve avec Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin, Maxim Gaudette...(2010 - 2h03)
Jeanne et Simon Marwan sont jumeaux. Au décès de leur mère, ils sont chargés de respecter les dernières volontés stipulées dans son testament. A leur grande
surprise, Jeanne et Simon découvrent l'existence d'un père qu'ils pensaient mort, et d'un frère dont ils n'ont jamais entendu parlé. Alors que la jumelle est bien décidée à découvrir les secrets
que cachait sa mère, son frère se montre davantage réticent. Mais leurs liens étroits vont les unir et tous deux vont aller au Moyen Orient, terre de leurs ancêtres, sur les traces de leur
nouvelle famille.
La critique [evene]

par Fabienne Jacob
Un bureau de notaire, drôle décor pour une tragédie grecque. C’est pourtant là que commence ‘Incendies’, une adaptation de la pièce éponyme du dramaturge libano-canadien Wajdi Mouawad, véritable
rock star d’un théâtre épique moderne.
Le film du Québecquois Denis Villeneuve est fidèle à la trame de la pièce. A la lecture du testament de leur mère Nawal Marwan (Lubna Azabal, figure incandescente de la mater dolorosa
méditerranéenne), les jumeaux Jeanne et Simon découvrent que celle-ci désire être enterrée nue, face contre terre, pour dire sa haine pour leur père. Stupeur encore quand le notaire remet deux
enveloppes à chacun des jumeaux. L’une, la lettre du père, pour Jeanne. L’autre, la lettre du fils, pour Simon. Ils ne savaient rien du père et n’avaient jamais entendu parler d’un frère… Un
mystérieux legs, que Jeanne interprète comme le secret du mutisme dans lequel s’était cadenassée sa mère avant sa mort. Simon refuse de céder aux caprices de cette mère imprévisible, tandis que
Jeanne s’envole vers le Liban sur les traces du passé douloureux de Nawal dans un pays déchiré par la guerre. L’ultime secret sera à la hauteur de la tragédie.
Sans avoir l’intensité de la pièce, le film restitue la violence d’un monde où le sang d’un accouchement n’est pas moins traumatisant que celui de la folie meurtrière des hommes. Certaines scènes
donnent à voir, presque à toucher, le tragique, comme ces images longues, persistantes, d’enfants tondus dans un abri de fortune sur fond de Radiohead. Ou ces scènes entêtantes de personnages
nageant dans une piscine. Comme pour se laver d’une souillure originelle.