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IL ETAIT UNE FOIS EN ANATOLIE
Film turc, bosniaque de Nuri Bilge Ceylan avec Muhammed Uzuner, Yılmaz Erdoğan, Taner Birsel... (2011 - vostf - 2h30
Au cœur des steppes d’Anatolie, un meurtrier tente de guider une équipe de policiers vers l’endroit où il a enterré le corps de sa victime. Au cours de ce
périple, une série d’indices sur ce qui s’est vraiment passé fait progressivement surface.
Avec Il était une fois en Anatolie, le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan confronte son récit policier au temps qui passe et aux paysages arides d'Anatolie. Long, contemplatif, mais sublime.
Un meurtre. Un procureur et un médecin sillonnent les routes en quête du cadavre. Le meurtrier présumé les accompagne. Il fait nuit. 2h37 à sillonner ainsi
la steppe anatolienne... Le temps peut sembler long, très long. Les discussions vont bon train. Sur la lenteur administrative, les tracas quotidiens, le souvenir d'une femme sublime.
L'affaire s'éternise.
On comprend bien que l'essentiel ici n'est pas la résolution finale, mais l'avancée progressive du récit et l'importance accordée à la narration. C'est seulement au bout d'1h30 que le cadavre sera retrouvé dans un champ. Les chiens aboient, les rires naissent à l'évocation du nom Clark Gable. Le corps est intransportable. On reste dans le cercle, saisi par ce déplacement progressif du récit. Et si tout ceci n'était qu'un conte ? «Je me souviens d'une nuit qui a commencé comme ça...», entend-on alors.
Et pendant ce temps, Nuri Bilge Ceylan filme les phares des voitures avançant dans la steppe anatolienne... La longue route se dessine, presque sans fin. On s'interroge sur la teneur d'un tel récit. Et puis, on se laisse happer par l'échange qui naît entre ces deux hommes, enfermés dans une société archaïque, qui avance doucement...
Par Laure Croiset