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Corée du Sud, film de Hong Sang-Soo Hong avec Sang-Kyung Kim (2010 - vostf - 1h56)
Le réalisateur JO Munkyung envisage de quitter la Corée pour partir au Canada. Avant de son départ, il donne rendez-vous à son ami proche, BANG Jungshik,
qui est critique de cinéma. Au pied d’une montagne en banlieue de Séoul, ils boivent du Makgeolli, une boisson traditionnelle alcoolisée à base de riz. Au bout de quelques verres, ils découvrent
que tous les deux, par coïncidence, ont récemment voyagé à Tongyeong, une petite ville maritime au sud du pays.
Ils décident donc de déballer leurs histoires autour d’un verre, à condition de ne s’en tenir qu’aux bons souvenirs. L’histoire de Munkyung : Il est allé à Tongyeong pour rendre visite à sa mère avant de son départ. Pendant son séjour, il a rencontré une femme guide qui s’appelle Seongok. Il s’est tout de suite épris de celle-ci, mais elle avait déjà un copain qui est à la fois poète et ex-marine. Avec quelques tricheries, Munkyung a enfin réussi à gagner son coeur.
L’histoire de Jungshik : Il est allé à Tongyeong pour un voyage secret avec sa maîtresse qui est hôtesse d’air. Dans cette ville, il a aussi passé de bons moments avec son copain poète et la copine de celui-ci. Ces derniers sont en fait le même couple que Munkyung a rencontré.
Jungshik a également rencontré plusieurs personnes intéressantes par l’intermédiaire du jeune poète. En ignorant qu’ils étaient aux mêmes endroits, aux mêmes moments, avec les mêmes gens, les deux hommes se plongent dans l’évocation de leur été, qui se déploie comme un catalogue des souvenirs
Hong Sang-soo a le vent en poupe. Fêté au dernier Festival du Film Asiatique de Deauville et consacré à la Cinémathèque Française, son dernier film Hahaha qui arrive en salles avait reçu le prestigieux Prix Un Certain Regard à Cannes. Une récompense amplement méritée pour un film majeur dans la filmographie du cinéaste.
Qui a vu La Vie au ranch se souvient des clichés que peut véhiculer le cinéma de Hong Sang-soo. Adulé en France, souvent renié dans son pays d'origine, le cinéaste coréen à la réputation sulfureuse revendique ses influences du côté d' Eric Rohmer et de la Nouvelle Vague. Au fil des ans, se dessine une filmographie contrastée faite de ratures et de films majeurs. Si dernièrement, Hong Sang-soo nous avait quelque peu égarés avec les brouillons Woman on the beach et Night and Day, on retrouve dans Hahaha la synthèse des thématiques phares de l'auteur avec un discernement nouveau et un plaisir regagné.
Le réalisateur Jo Munkyung envisage de quitter la Corée pour partir au Canada. Avant son départ, il revoit autour d'un verre son grand ami, Bang Jungshik, critique de films. Lors de ce rendez-vous arrosé, les deux amis découvrent par hasard qu'ils se sont rendus récemment dans la même petite ville en bord de mer, Tongyeong. Ils décident de raconter leur voyage réciproque à condition de n'en révéler que les moments agréables.
Pour son nouveau film, Hong Sang-soo a choisi de situer son récit à Tongyeong, une petite ville portuaire dont l'apparence sinistre aurait rebuté nombre de
réalisateurs. Mais de la même façon que le cinéaste avait su capter l'essence de la province de Kangwon dans sa célèbre trilogie, se dégage de ce petit port un parfum de douce mélancolie.
Visiblement assagi, le cinéaste divague autour de ses sujets de prédilection : l'amour, la poésie et l'attente. «Méfie-toi des choses sombres et tristes», fait-il dire à un de ses
personnages. Car ici, la parole est libérée (le soju aidant) et le mot occupe une place central. En cela, Hong Sang-soo ne peut renier son appartenance au cinéma d'Eric Rohmer. Dans la droite
lignée d'un Conte d'été, il saisit les questionnements
existentiels de la jeunesse avec légèreté et non sans lucidité.
Dans ce chassé-croisé amoureux où les récits se superposent dans une temporalité suspendue, apparaît l'essence du cinéma de Hong Sang-soo. Un cinéaste à part.