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CHANTRAPAS
Film géorgien de Otar Iosseliani avec David Tarielashvili, Nika Endeladze, Tamuna Karumidze, Bulle Ogier, Pierre Etaix... (2009 - vostf - 2h02)
Nicolas est un artiste, un cinéaste qui ne demande rien tant que de pouvoir s'exprimer, et que tous voudraient réduire au silence. A ses débuts en Géorgie
les " idéologues " espèrent pouvoir le faire taire, considérant que son oeuvre n'est pas conforme aux règles en vigueur. Face à leur détermination, Nicolas quitte son pays d'origine pour la
France - terre de liberté et de démocratie. Mais "L'état de grâce" sera de courte durée...
La Critique de Pierre Murat de Télérama...
... Comme tous les films d'Iosseliani, Chantrapas est une fable. Un peu plus sombre que d'habitude, peut-être, comme si l'euphorie de la vie, si chère au cinéaste, se dissolvait cette fois dans la mélancolie.
Mais elle reste charmeuse. Et joliment mystérieuse : pourquoi, par exemple, Nicolas, fraîchement débarqué à Paris, traîne-t-il des pigeons dans une cage ? Et pourquoi des gamins s'en vont-ils voler des icônes dans une église géorgienne isolée ? Ce n'est qu'après, longtemps après, qu'on le devine, lorsque se glissent dans l'histoire, tels des voleurs, quelques révélations fantaisistes ou poétiques, qui provoquent le sourire (pour les pigeons) et l'émotion (pour les icônes).
Iosseliani est un cinéaste qui montre d'abord. Et qui explique après, quand l'envie lui en prend... Ici, néanmoins, sous les silhouettes truculentes et grotesques qui parsèment cette histoire (l'adorable grand-père batailleur, le marmonnant producteur interprété par Pierre Etaix) perce, très vite, un drôle de constat tout triste sur le rôle de l'artiste, aujourd'hui. Ce n'est rien d'autre, désormais, qu'un « chantrapas » : mot issu du français qui, au pays d'Iosseliani, signifie un bon à rien, mais, surtout, un exilé de toujours...