Mardi 9 mars 2010
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A SERIOUS MAN
Film de Ethan Coen avec Michael Stuhlbarg, Richard Kind, Fred Melamed... (2008 - vostf - 1h45)
1967, Larry Gopnik, professeur de physique dans une paisible université du Middle West, vient d'apprendre que sa femme le quitte. Elle est tombée amoureuse de son collègue le plus pompeux, Sy
Ableman.
Arthur, le frère de Larry, incapable de trouver un travail, dort sur le canapé. Son fils Danny, indiscipliné, ne fréquente plus l'école hébraïque, et sa fille Sarah lui vole de l'argent dans le but
d'économiser pour se faire refaire le nez. Tandis que sa femme et son nouveau mec réaménagent l'appartement familial, et que rien ne va dans la vie de Larry, un écrivain anonyme tente de saboter
ses chances d'être titularisé à l'université. De plus, un étudiant tente de le soudoyer afin d'obtenir son diplôme, tout en le menaçant de le poursuivre en justice pour diffamation.
Enfin, la jolie voisine l'aguiche en bronzant nue... Luttant pour trouver un équilibre dans sa vie, Larry demande conseil à trois rabbins différents. Quelqu'un peut-il l'aider à faire face à tous
ses soucis et à devenir un homme entier, un "serious man" ?
La critique...
Joel et Ethan Coen ne refusent jamais une bonne dose d'absurdité. Il suffit de regarder la parodie d'espionnage 'Burn After Reading' pour assister à un cumul de moments sortis de leur contexte.
Dans leur nouveau long métrage, ils retournent plutôt à leur humour déjanté présent dans leurs premiers films tels que 'Raising Arizona' et 'Barton Fink'. Ainsi, 'A Serious Man' commence par une
scène autonome où un couple de juifs du 19ème siècle réagit de manière plutôt différente à une visite tardive. Mais le personnage principal, Larry Gopnik, un professeur de maths dans le Minnesota
des années 60, vit pas mal de folles aventures également. Son frère passe des heures interminables dans la salle de bain, ce qui a le don de rendre folle la fille de Larry. Son fils ne cesse de se
plaindre de la piètre qualité de la réception télévisée et il s'avère que sa femme a une relation avec son voisin plus qu'agréable. Cette histoire semi-autobiographique ne raconte pas seulement
l'origine du sens de l'humour très particulier des frères mais, en plus, il s'agit d'un véritable chef-d'oeuvre du cinéma minimaliste. La fantastique photographie de leur caméraman attitré, Roger
Deakins, relève le matériel à un niveau mille fois supérieur à celui des sitcoms. En ce qui concerne l'ambiance, nos frangins préférés du cinéma méritent encore une fois la note de 10 sur 10. Seul
petit bémol : vers la fin, la plupart des 'goys' (non-juifs) se sentiront un peu mis à l'écart.
La presse en parle...
LE MONDE "Un des plus grands films des Frères Coen. Mais c'est aussi bien sa stupéfiante séquence d'ouverture, qui constitue un véritable coup de force dramaturgique : un apologue en noir et blanc,
situé en Europe orientale, dialogué en yiddish"
Jacques Mandelbaum
LIBERATION : " Un idéal de comédie grinçante. (...) Il y a une mise en scène pour vous faire croire qu’on est enfoncé avec Gopnik dans son pétrin perso mais, contrairement à lui, tout en passant
une heure quarante à s’amuser."
Philippe Azoury
METRO "Un amour de comédie caustique. Le résultat, à la fois noir, absurde et hilarant, constitue l'un des joyaux de ce début d'année cinématographique."
Jérôme Vermelin
TELERAMA "Il est conseillé de voir A serious man. Car c'est peut-être la pièce manquante et, du coup, maîtresse de l'oeuvre des cinéastes. "
Louis Guichard
TELE CINE OBS : " Dieu n’existe pas, remercions-le d’avoir inventé les Frères Coen. Les fous frères signent peut-être leur chef-d’œuvre. Une fable yiddish, terrible et hilarante, sur l’inanité de
prendre au sérieux le tragique du quotidien. "
Nicolas Schaller