Mardi 1 septembre 2009
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LE TEMPS QU'IL RESTE
Titre original : The time that remains
Palestine - 2009 - 1H45
Genre : Comédie dramatique
Tout public
Un film de : Elia Suleiman
Avec : Saleh Bakri, Ali Suliman
Présentation
''Le Temps qu'il reste' est un film en partie autobiographique, construit en quatre épisodes marquants de la vie d'une famille, ma famille, de 1948 au temps récent.
Ce film est inspiré des carnets personnels de mon père, et commence lorsque celui-ci était un combattant résistant en 1948, et aussi des lettres de ma mère aux membres de sa famille qui furent
forcés de quitter le pays. Mêlant mes souvenirs intimes d'eux et avec eux, le film dresse le portrait de la vie quotidienne de ces Palestiniens qui sont restés vivre sur leurs terres natales et ont
été étiquetés 'Arabes israéliens', vivant comme une minorité dans leur propre pays.'
Elia Suleiman
La critique [evene] le 24 Mai 2009 par Mathieu Menossi
Sept ans de réflexion, d'écriture et de montage séparent la délicieuse 'Intervention divine' de cet éblouissant 'Le Temps qu’il reste'. Le temps de "vivre avant de pouvoir écrire" à nouveau. Le
temps de se nourrir de ce réel à portée de main autour duquel Elia Suleiman a choisi de charpenter son cinéma. Le temps enfin de trouver les producteurs. Film évidemment politique, 'Le Temps qu’il
reste' tient pourtant plus de la confidence que de la leçon d'histoire. Sorte de chronique intérieure en quatre parties dans laquelle le réalisateur livre sa vision de la réalité. A partir des
notes de son père et des lettres de sa mère, il s'est appliqué à reconstituer la vérité de ses souvenirs et ceux de sa famille, sans pour autant trahir son élan créatif. Le récit est organisé en
une succession de saynètes. La caméra est immobile, le cadre, frontal. Plutôt que d'exhiber, Suleiman suggère. Les éléments proprement historiques (l'indépendance de l'Etat d'Israël, la mort du roi
Nasser, le mur de séparation érigé en Cisjordanie) ne sont là que pour ponctuer le récit. L'essentiel est ailleurs : la famille, l'école, les voisins, des couleurs, des objets. Suleiman stigmatise
par l'absurde une brutalité quotidienne, à l'image de cette séquence où un char tient en joue à bout portant un Palestinien sorti de chez lui pour jeter sa poubelle aux ordures et passer un coup de
téléphone. Dans la veine d'un Nanni Moretti, il se met en scène. Vêtu de noir, l'oeil hagard, entre dépit et effroi, il observe et se souvient. A la violence spectaculaire, Elia Suleiman préfère la
puissance du silence et la poésie du burlesque, insufflant ainsi à son oeuvre une force et un sens surpassant toute autre forme de dénonciation