CINEMA - Avec ses 4,36 millions d'entrées depuis sa sortie, c’est le film français qui s'en sort le mieux...
Le Petit Nicolas se hisse tranquillement dans les cimes du cinéma français. Depuis sa sortie le 30 septembre dernier, le film a attiré 4.359.109 spectateurs, devenant ainsi le plus gros
succès français de l'année. C’est bien moins que les
20 millions de spectateurs de
Bienvenue
chez les Ch’tis, LE carton de l’année 2008, mais reste une belle performance.
Un personnage connu
Le succès du
Petit Nicolas est bien antérieur au film de Laurent Tirard. Il débute avec les livres signés René Goscinny et Jean-Jacques Sempé. Depuis 1973, plus de 10 millions
d’exemplaires se sont vendus selon les chiffres de Gallimard Jeunesse, cité par
Europe1.fr, qui édite les premiers romans. «Les trois volumes inédits, sortis
en 2004, 2006 et cette année, se sont vendus à plus de 1,2 million d'exemplaires, poursuit le site. Le dernier opus, Le ballon et autres histoires inédites, a été tiré en mai à 230.000
exemplaires. 150.000 ont déjà trouvé lecteur.»
Le petit garçon n’est donc pas un inconnu du public, curieux de voir à quoi ressembleraient ses aventures sur grand écran. «La douceur du trait de Sempé est passée dans le film, affirme Bernard
Génin, spécialiste du cinéma d’animation et co-auteur d’un Larousse du cinéma à paraître en 2010. Je ne pense pas que le film ait appliqué des “recettes”, il a simplement adapté un petit bijou de
tendresse et d’humour.» C’est donc sa grande fidélité à l’œuvre originale qui fait le succès du film.
Syndrome Les Choristes
Autre atout du film, la nostalgie. Le succès des
Choristes - le film de Gérard Jugnot, sorti en 2004, avait enregistré
8,5 millions d’entrées – avait déjà révélé le goût du public français pour un passé révolu.
Les
Choristes se déroulaient à la fin des années 1940,
Le Petit Nicolas a lieu dans les années 1950. Une proximité intrigante. «Le Petit Nicolas nous replonge dans une époque
particulière, où les distractions étaient gentilles et douces, analyse encore Bernard Génin. Le monde du personnage représente une famille idéalisée dans laquelle il n’y a pas de disputes.
Aujourd’hui, les temps sont durs tandis que dans le film, tout est bon enfant.»
Le charme désuet du film représente donc une bouffée d’air frais, même si tout semble trop beau pour être vrai. Les personnages sont ainsi jugés «
emblématiques d'une France désuète et fantasmée, indémodable parce qu'elle n'a jamais
existé».
Casting gagnant
Le casting impeccable (Kad Merad, Valérie Lemercier, Sandrine Kiberlain, François-Xavier Demaison et les enfants) ont également séduit le public qui a généré un très bon bouche-à-oreille
malgré des critiques peu flatteuses. «Le film a un bon casting, les enfants, notamment celui qui interprète Clotaire le dernier de la classe, sont très drôles», reprend Bernard Génin pour qui
l’ambiance du film n’est pas sans rappeler celle de
La guerre des boutons, autre succès cinématographique mettant en scène le quotidien d’enfants dans les années 1930.
Rentable
En plus d’être un succès auprès du public, le film, qui a coûté 22,7 millions d’euros, est rentré dans ses frais. «Pour l’amortir, il fallait qu’il enregistre au moins 3 millions d’entrées,
précise
Le Parisien. Une bonne
affaire, donc, d’autant que le film se vend bien à l’étranger. En particulier en Allemagne et en Italie.» Le film peut donc espérer franchir la barre des 5 millions de spectateurs, d’autant que
le film est, selon son distributeur Wild Bunch contacté jeudi, «toujours à l’affiche de 630 salles, pour une durée encore indéterminée».