COPIE CONFORME
Film français de Abbas Kiarostami avec Juliette Binoche (2009 - 1h46)
C'est l'histoire d'une rencontre entre un homme et une femme, dans un petit village italien du sud de la Toscane. L'homme est un écrivain anglais qui vient
donner une conférence ; la femme, une galeriste française. C'est une histoire universelle, qui pourrait arriver à n'importe qui et n'importe où.
La critique [evene] par Anne-Claire Cieutat
C’est une histoire simple. Un homme, une femme. Côte à côte, face à face. Une rencontre ? Des retrouvailles ? Un jeu de rôles ? On ne sait. Peu importe. Leur conversation, fluide et
ininterrompue, qui se joue sous nos yeux donne à ce voyage en Italie sa cadence. Enivrante réflexion sur l’art, l’authenticité et le mensonge, la vérité et son mirage ; sur le couple, la
mascarade amoureuse, les apparences trompeuses et les sentiments enfouis ; sur l’acteur, son corps propre et celui, factice de nature, du personnage dont il singe l’existence.
‘Copie conforme’ et son titre-clé est une invitation, ludique et ensoleillée, au vertige. Celui que procure la quête d’un sens qui se dérobe, le spectacle d’un mirage répété à l’infini, la valse d’un cinéaste avec d’autres, évanouis mais tant aimés (Bergman, Antonioni ou Rossellini). Au centre de cet étourdissant dispositif d’allure pourtant si sage (la mise en scène trouve sa juste distance aux personnages) : deux comédiens, Juliette Binoche et William Shimell, baryton britannique dont c’est là le premier rôle à l’écran.
Elle, vacille constamment, louvoie, trébuche, s’essouffle, se relève, insiste. Juliette Binoche dont on connaît le goût pour la libre exploration - accentué depuis sa collaboration avec Hou Hsiao Hsien dans ‘Le Voyage du ballon rouge’ en 2006 - s’immerge corps et âme dans cette promenade sans fin, ni destination.
Plein cadre, en gros plan ou de pied en cap, elle vibre, circule d’un état émotionnel à l’autre, risque le trop-plein, l’ivresse - et fascine. Face à elle,
William Shimell, parangon d’élégance et de séduction rétractée, avance tête haute, sans ciller, et éclaire de son flegme sans faille le jeu frémissant de sa partenaire. Kiarostami, derrière son
objectif, ne les quitte pas un instant du regard. Nous non plus
Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire - Partager

