TOURNEE
Comédie française de et avec Mathieu Amalric, Anne Benoît... (1h50)
Producteur de télévision parisien à succès, Joachim avait tout plaqué - enfants, amis, ennemis, amours et remords - pour repartir à zéro en Amérique à
l'aube de ses quarante ans. Il revient avec une tournée de strip-teaseuses "New Burlesque" à qui il a fait fantasmer la France... Paris !
De port en port, l'humour des numéros et les rondeurs des filles enthousiasment les hommes comme les femmes. Et malgré les hôtels impersonnels, leurs musiques d'ascenseurs et le manque d'argent,
les showgirls inventent un monde extravagant de fantaisie, de chaleur et de fêtes.
Mais leur rêve d'achever la tournée en apothéose à Paris vole en éclats : la trahison d'un vieil "ami" fait perdre à Joachim la salle qui leur était promise. Un bref aller et retour dans la
capitale s'impose, qui rouvre violemment les plaies du passé...
La critique [evene] par Mélanie Carpentier
Mimi Le Meaux, Dirty Martini, Kitten on The Keys… Des noms en néon illuminent l’écran pour une plongée immédiate au coeur d’une tournée organisée par Mathieu Amalric, alias Joachim Zand.
L’histoire d’un producteur de spectacles de retour des Etats-Unis avec dans ses bagages un show New Burlesque. Comprendre des numéros de pin-up, pompons à tétons et plumes à la sauce satire
politique et sociale. Un sujet surprenant au service d’un scénario subtil, lumineux et définitivement très drôle. Coécrit par l’écrivain Philippe Di Folco, “jouisseur érudit” selon Amalric,
‘Tournée’ mêle réalisme et poésie, documentaire et fiction, rythme et contemplation.
Offre d’un bout à l’autre la possibilité de déambuler au gré de ses envies dans un moment de vie intense et singulier. On y pioche un désir de vivre vite et fort, d’oublier ses démons, un mal du pays fugace, des signes d’obéissance bête et facile, des rencontres improbables, une paternité maladroitement assumée… Amalric peint par touches. Libre de ses gestes, il pénètre au coeur des scènes, au creux des personnages. Ces femmes, il les filme comme un adolescent observe à la dérobée sa voisine qui s’effeuille à la fenêtre d’en face. Sans fausse pudeur, ni voyeurisme.
A une tentative laborieuse de se glisser dans la peau du sexe faible, il préfère pousser discrètement la porte des chambres pour observer ce que disent les corps, ou celles des loges pour entendre piailler, crier et rire. Et quand les femmes s’affichent sur scène, la caméra célèbre le show.
Mais derrière ces showgirls qu’il met à l’honneur, se façonne délicatement le personnage qu’incarne le réalisateur. Un homme qui lutte contre sa mélancolie.
Un homme qui a quitté un monde pour en trouver un autre. Une résistance singulière.
Finalement, l’opus est à l’image de sa fin sublime dans un hôtel abandonné : un paradis perdu pour une vie réinventée.
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