Colin Firth et Geoffrey Rush dans «Le Discours d'un Roi», de Tom Hooper © Wild Bunch Distribution
CINEMA - Le film de Tom Hooper vient de recevoir 4 Oscar à Hollywood dont meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur acteur, voici vous donne cinq bonnes raisons de courir le voir...
Vous allez rire
Le Discours d’un roi est un film drôle. Très drôle. Ce n’est peut-être pas la première impression donnée par l’affiche, le visage sévère de Colin Firth dans la plupart des extraits, ou les décors grisâtres. Mais l’histoire de ce prince bègue, dont l’ironie du sort voulut qu’il devienne roi à la place de son frère, et qui se fait aider par Lionel Logue, un orthophoniste excentrique, donne lieu à des scènes d’humour irrésistible. La trame en elle-même (Tom Hooper ne peut en être redevable qu’à l’Histoire) est déjà comique et les dialogues de David Seidler, auteur de la pièce de théâtre à l’origine du film, la servent avec brio. C’est ainsi que Logue, qui demande au roi de ne plus fumer se voit répondre «Mes médecins disent que cela détend ma george. – Ce sont des imbéciles. – Ils ont tous été anoblis. – Ce sont donc des imbéciles officiels.»
(Les meilleures citations, encore beaucoup plus drôles en anglais, c’est ici…)
Vous allez apprendre plein de choses
Tout n’est pas vrai, l’Histoire n’est pas scrupuleusement respectée.
George VI n’était pas si sexy, et surtout le rôle attribué à Churchill est biaisé (il n’a pas aidé, par exemple, à mettre George VI sur le trône). Soit. Mais Tom Hooper a le mérite de revenir
sur un aspect méconnu (y compris du public britannique) de la vie d’un roi qui régna en des temps turbulents. Et c’est fascinant de voir le cheminement vers un discours crucial. Le roi, qui
passe le film à apprendre à parler (et devenant roi s’inquiète: «La Nation croit que quand je parle, je parle pour elle, et je ne sais pas parler») ne répète pas n’importe quel discours. Il
répète celui de l’entrée en guerre contre le nazisme. Ce discours, que tous les Anglais écoutèrent l’oreille rivée au poste de radio, aurait bien pu avoir des allures de vaste blague,
sans un orthophoniste de génie.
Vous allez en avoir plein la vue
Adapter cette pièce de théâtre, intimiste, sur une relation amicale et un bégaiement, n’était pas évident selon Tom Hooper. Du coup, il a choisi des gros plans
en grand-angle. «J'ai choisi de tourner avec des focales plus larges pour que les spectateurs restent en contact avec l'espace physique de mes personnages, a-t-il expliqué au Figaro. Cette idée en a amené une
autre. Comment représenter le bégaiement à l'écran? Comme le bégaiement se définit surtout comme une sorte d'exil, de silence et de solitude intérieure, j'ai pensé qu'il faudrait cadrer le
visage de Colin Firth et, derrière, filmer de grands murs gris et vides, avec rien dessus. C'est ma façon à moi de suggérer l'isolement intérieur qu'entraîne ce terrible handicap». En pleine
mode de la 3D, ces choix tranchent de façon originale et réussie.
Voir Helena Bonham Carter en femme normale
Enfin presque normale, puisque l’actrice incarne tout de même l’épouse d’un Roi. Mais pour une
fois, l’épouse de Tim Burton ne joue pas un personnage complètement loufoque. Ce qui lui réussit plutôt bien puisque elle est nommée aux Golden Globes Awards, aux BAFTA et aux Oscars pour le titre de meilleure actrice dans un second rôle. Vue récemment dans Harry Potter en Bellatrix
Lestrange, en Reine rouge dans l’Alice aux pays des merveilles de son mari ou en inquiétant Mrs Lovett dans Sweeney Todd, elle
est toute aussi brillante lorsqu’elle incarne des rôles plus classiques.
Vous allez en entendre parler encore longtemps
Le Discours d’un Roi remportera sans doute une flopée d’Oscars. Les douze nominations sont un
indice, et les nombreux prix remportés par Colin Firth lors de différentes cérémonies en sont un autre. Outre le fait qu’autant de distinctions plaide en faveur du film, passer encore au
moins un mois à entendre parler du film sans l’avoir vu: ça va être pénible.

