LES PETITS RUISSEAUX
Film français de Pascal Rabaté avec Daniel Prévost, Philippe Nahon... (2009 - 1h36)
Emile, retraité et veuf, coule des jours paisibles ponctués par des parties de pêche sur les bords de Loire et les discussions avec les copains au bar du
village. Pendant ce temps, son camarade Edmond, lui aussi vieux gars solitaire, n'oublie pas de rester vivant et multiplie les rencontres amoureuses en toute discrétion. Quand ce dernier meurt,
Emile se retrouve face à lui même, face à des envies et des désirs qu'il croyait oubliés.
La critique [evene] par Anne-Claire Cieutat
A l’origine, ‘Les Petits Ruisseaux’, on s’en souvient, est la bande dessinée à succès de Pascal Rabaté. Le bédéaste, passé par les cases court métrage, reportage et documentaire télévisés,
reprend pour son premier long métrage de cinéma les personnages et la trame de son album.
Soit Emile, veuf et retraité qui coule des jours sans sourire au coeur d’un petit village du bord de la Loire, avant de retrouver le chemin du bonheur. Une histoire simplissime à laquelle Pascal Rabaté donne ici de jolis contours, nettement plus soulignés et contrastés que dans ses pages à la colorimétrie presque pastel. Ainsi des paysages pénétrés par un soleil rieur, traversés de routes que sillonne, mutine, la petite voiture orange sans permis d’Emile. Ciel bleu franc, verdure éclatante, blé jaune canari.
Les corps de toutes formes, vêtus ou dénudés, comme les visages souvent filmés en amorce, s’inscrivent en ces lieux chéris où l’on tente d’aimer encore et de vivre toujours. Pascal Rabaté pose son regard à la fois frontal, cru, tendre et délicat sur ces êtres au coeur battant, lorgnant du côté de Jacques Tati et de son humour discret, comme de celui d’Ettore Scola ou Federico Fellini et de leur flamboiement délectable - et s’adonne à d’occasionnelles envolées aériennes, oublieuses du point de vue à hauteur d’homme du film, mais débordantes d’enthousiasme enfantin. Devant sa caméra, ses comédiens se livrent physiquement et émotionnellement avec franchise et pudeur mêlées : Daniel Prévost, fragile et immensément juste, Philippe Nahon, affranchi de son image d’affreux, Bulle Ogier, belle et émouvante, comme Hélène Vincent, subtile et frémissante.
Tous se laissent porter avec joie par le courant revigorant de ces petits ruisseaux aux bien belles couleurs.
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